Au Mali, la souveraineté nationale est mise à rude épreuve par le blocus jihadiste du JNIM (affilié à Al-Qaïda) sur les axes routiers vitaux, qui prive le pays enclavé de carburant importé et asphyxie son économie depuis septembre 2025.
Une arme de guerre économique impitoyable
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), via sa Katiba Macina dirigée par Amadou Koufa, a transformé les corridors logistiques en champs de bataille.
Les axes sud (Abidjan-Bamako via Bougouni-Sikasso) et ouest (Dakar-Bamako via Kayes-Diboli) sont sous pression : embuscades massives, comme les 15 camions-citernes incendiés le 6 décembre 2025 à Bougouni ou un convoi entier anéanti fin janvier 2026 près de Kayes.
Résultat ? Pénurie aiguë à Bamako et dans les régions clés (Ségou, Mopti, Bandiagara), paralysant humanitaire ONU, transports et vie quotidienne.
La junte au pouvoir, au nom de la « souveraineté », a dû avouer sa défaite le 27 mars 2026 en haussant les prix : 875 FCFA/litre d’essence, 943 pour le diesel.
Ironie du sort : six ans après le putsch « souverainiste », Bamako ne contrôle plus ses propres routes – le JNIM n’a même pas besoin de prendre la capitale pour l’étrangler.
Impacts : au-delà du réservoir vide
- Humanitaire en péril : OCHA signale un ralentissement des aides dans le centre-sud, aggravant faim et insécurité.
- Économie à genoux : Syndicats routiers en grève, écoles et universités fermées par manque de fuel.
- Failles sécuritaires : Escortes militaires suspendues sur l’axe Sénégal (pensant l’avoir sécurisé), stocks entamés avant le ramadan. Amélioration temporaire à Bamako depuis décembre 2025, mais l’attaque récente de jeudi (axes ouest) relance la panique.
La junte tente des parades : négociation russe pour 50 000 tonnes d’urgence, plan de riposte économique en 10 axes, force conjointe avec Burkina et Niger (symbolique pour l’instant).
Mais sans routes sécurisées, solaire ou diversification restent des mirages – le Mali paie le prix d’une dépendance import totale (100-120 camions/jour pré-crise).
Cette crise n’est pas « artificielle » (comme l’affirmait le MAE en nov. 2025), mais une stratégie jihadiste brillante, exposant l’impuissance de Bamako.
La souveraineté ? Un slogan qui s’essouffle face à des camions en feu.
Pourtant, l’espoir pourrait renaître avec des stocks tampons, des alliances régionales et des innovations solaires qui pourraient inverser la donne.
Avec celà, le Mali rebondira, plus résilient !
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Sources : seneweb ; afrique.le360 ; news.un.org ; ege.fr ; maliactu.net





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